jeudi 15 février 2018

S'élever contre le harcèlement et l'oppression des femmes

L'éditorial de Lutte Ouvrière

Le scandale Weinstein, du nom de ce producteur américain qui imposait un droit de cuissage aux actrices d’Hollywood, a été un électrochoc dans les milieux bourgeois.

Au travers des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, des milliers de femmes, essentiellement des journalistes, des écrivaines et des cadres, fréquentant ce qui est censé être la fine fleur de la société, ont témoigné des comportements les plus glauques et avilissants.

Certaines trouvent désormais le courage de porter plainte pour viol ou harcèlement sexuel. Que ce soit aux États-Unis et dans les autres pays, la liste des personnalités mises en cause s’allonge donc de semaine en semaine.

En France, il y a ceux qui sont sous le coup d’une enquête comme le ministre du budget Darmanin, ceux qui sont mis en examen et emprisonnés comme le prédicateur Tariq Ramadan et ceux, comme Hulot, qui ne font pas l’objet de plainte actuelle mais qu’un journal a forcé à s’expliquer sur des relations passées.

Certains dénoncent un climat de suspicion généralisée et voient dans les réseaux sociaux un « tribunal révolutionnaire » intolérable. Mais aujourd'hui, en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, un viol a lieu toutes les sept minutes et plus de 20 % des femmes se disent victimes de harcèlement au travail. Alors, si la diffamation peut nuire à la carrière publique de quelques-uns, c’est d’abord le silence et l’omerta qui peuvent tuer.

La société recèle une telle épaisseur de crasse misogyne et de préjugés vis-à-vis des femmes, que cela ressort par tous ses pores, que ce soit sous les paillettes et les poses glamour des stars ou dans les hautes sphères politiques et même religieuses. 


samedi 10 février 2018

Pourquoi je n'ai pas voté le budget municipal

Au conseil municipal du 5 février, je suis intervenue sur la délibération concernant le vote du Budget 2018 de la commune.

Voici mon intervention, alors qu'un conseiller municipal de l'opposition de droite relevait que la hausse de la masse salariale pour le personnel communal lui paraissait trop importante (+3,6 % environ) :


"Les salaires des communaux, comme de tous les travailleurs, du Public et du Privé, ont pris beaucoup de retard. Pour le rattraper, il faudrait au moins 200€ mensuels pour tous.

Par ailleurs, les dotations de l'État à la commune se tassent. Cela se fait au détriment des classes populaires dont la situation continue à se dégrader.

La précarité gagne du terrain. Le chômage continue à peser fortement dans la commune, d’autant qu’ont été annoncées des menaces de réduction d'effectif à Carrefour, et ce n'est pas la construction du centre EDF dans la zone industrielle qui y changera grand-chose puisque ce sont des transferts d’emplois.
 

Les familles doivent dépenser d'avantage pour se nourrir, se chauffer et se loger, sans parler de la réduction des APL. Le budget de la commune est bien insuffisant pour réellement aider la population qui en a besoin.

Je n'ai pas entendu l'ombre d'une protestation vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement actuel, ni de la part de la majorité municipale socialiste, ni de celle de la minorité de droite. Il est vrai que c'est cette même politique que vos partis ont mené quand ils étaient au gouvernement, qui appauvrit toujours plus les classes populaires, politique que le gouvernement actuel poursuit.

C'est pour affirmer mon désaccord avec cette politique que je ne voterai pas le budget municipal."

jeudi 8 février 2018

1000 milliards de dollars

Tribune parue dans "Le Bref", journal d'information municipal - Février 2018
 
C'est ce que l’envolée des bourses a fait gagner en 2017 aux 500 plus grandes fortunes mondiales. En France, l’immobilier, le secteur bancaire et l’automobile battent des records, leurs actionnaires sont comblés. Aux sommets de la société, l’argent coule à flots !

Mais quand on est ouvrier, employé, aide-soignante, cheminot ou retraité, quand on habite dans les quartiers populaires qui se dégradent, c'est l'inverse : bas salaires, chômage, retraite sans argent, loyers difficiles à payer.

Même si la reprise économique se confirme, le monde du travail ne sera pas plus invité aux réjouissances demain qu’il ne l’a été hier.

Tant que nous laisserons la bourgeoisie et ses serviteurs politiques mener la danse, ils poursuivront leur offensive anti-ouvrière et s’arrogeront les fruits du travail collectif. Pour que ça change, il faudra nous attaquer aux intérêts du grand patronat.

Travailleurs, lutter collectivement et nous organiser, il n'y a pas d’autres moyens de changer notre sort.


Christine Tulipe – Lutte ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs

vendredi 2 février 2018

Maisons de retraite, hôpitaux, universités, ça craque de partout


Personnel insuffisant et épuisé, soins bâclés, résidents délaissés, familles culpabilisées… Les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont manifesté mardi pour dénoncer une situation indigne.


L’État a toujours refusé de développer un véritable service public du grand âge. Aujourd'hui encore, il rechigne à donner les crédits nécessaires pour que les maisons de retraite embauchent le personnel de ménage, les aides-soignantes, les infirmières et médecins qu’il faudrait. À cela s’ajoute le parasitisme des capitalistes qui ont construit leurs propres établissements privés.

Les résidents et le personnel payent cette politique. Les premiers, parce qu’ils doivent débourser de 2 500 à 4 000 € par mois sans garantie que l’on s’occupera bien d’eux. Les seconds, parce qu’ils sont surmenés et surexploités avec des salaires voisins du smic.

Cette situation honteuse est à l’image de celle de bien d’autres secteurs, où le manque de personnel, la charge de travail croissante, les bas salaires, la recherche d’économies et de rentabilité, et les restructurations permanentes, sont la règle.

Macron n’a d’yeux que pour la bourgeoisie. Il n’a d’oreilles que pour les multinationales et les machines à faire du fric. Pour arroser la bourgeoisie, le gouvernement sacrifie les services utiles à la population et aux plus pauvres.

Les inondations de ces derniers jours montrent qu’il est nécessaire de construire ou renforcer des digues et de réaménager certains territoires. Il faudrait investir dans le logement, le transport. Et aussi dans les universités. Car si le gouvernement met en place une sélection qui ne dit pas son nom à l’entrée de l’université, c’est pour se dispenser de créer les places nécessaires pour accueillir les bacheliers de plus en plus nombreux.
 
La société est assez riche pour le faire. En France, 32 milliardaires possèdent autant que 24 millions de personnes. Les grandes entreprises atteignent des records de profits. Carrefour, c’est par exemple un milliard de profits, 510 millions distribués à ses actionnaires et un PDG payé 11,6 millions par an. Cet argent est-il intouchable ?

L’abondance à un pôle, la pénurie, le chômage et la misère à l’autre, voilà ce que produit le capitalisme et ce que va renforcer la politique de Macron. Il n’y a pas de raison d’accepter cela.

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lundi 22 janvier 2018

Macron, à plat ventre devant les riches et dur envers les migrants


Macron dit mener vis-à-vis des migrants une politique alliant "humanité" et "efficacité". En fait, il agit contre les migrants comme il agit contre tous les travailleurs : avec l’hypocrisie et la hargne d’un fidèle serviteur des riches.

Cette politique de plus en plus dure concerne tous les travailleurs car elle remet en cause un droit vital qui nous est commun : celui de circuler et de s’installer librement.

S’il y a des assistés dans notre société, ce sont ces grandes familles bourgeoises qui sont entretenues, au premier sens du terme, par des armées de travailleurs.

C’est pour servir cette classe sociale, faire diversion et diviser les exploités que tous les politiciens font des migrants "un problème".

S’il y a des assistés dans notre société, ce sont ces grandes familles bourgeoises qui sont entretenues, au premier sens du terme, par des armées de travailleurs.

Alors, ne tombons pas dans le piège. Reconnaître les migrants comme des frères de classe et de combat, imposer la liberté de circuler et de s'installer, c'est l'intérêt commun de tous les travailleurs.


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