vendredi 19 décembre 2014

Au conseil municipal du 15/12/2014

A propos du débat d'orientation budgétaire :

Dans les communes de plus de 3500 habitants, ce "débat" est obligatoire. Il est censé expliquer aux habitants de la commune la politique budgétaire de la Mairie. 

A cette occasion le Maire a présenté le budget municipal en le situant dans le contexte économique mondial, national et local.

Voici en substance  mon intervention, qui dénonce la politique du gouvernement et du grand patronat, qui fait payer la crise aux couches populaires :

"La note de présentation du maire décrit une situation économique très sombre.

Oui, la crise économique s'aggrave profondément : marasme économique à l'échelle de l'Europe et même au-delà, et un chômage de masse.  Il n'y a plus d'argent pour embaucher, pour soigner la population, pour construire des logements, etc. Mais à l'autre bout, les grandes entreprises capitalistes regorgent de liquidités, qui circulent de places financières en place financières, à l'affut de bonnes affaires, mais des bonnes affaires qui ne sont plus depuis des années des investissements productifs. Cette instabilité générale du système capitaliste signifie qu’un nouvel effondrement, aux conséquences encore plus terribles pour les classes populaires, peut survenir à tout moment.

Aucun économiste, même quand ils affirment le contraire, n'est capable de prévoir ce qui va se passer dans un mois, un an, cinq ans, car l’anarchie est en réalité ce qui caractérise le mieux cette économie du profit et de la concurrence permanente. Les dirigeants politiques sont tout aussi impuissants. Et au prétexte de faire face à la crise et de « relancer la croissance » ils relaient et assistent le grand patronat  qui fait payer durement la crise aux travailleurs : fermetures d'usines, salaires bloqués, aggravation des conditions de travail. Le gouvernement actuel, comme ceux qui l'ont précédé en fait sa politique : augmentation des impôts, aggravation des conditions de départ en retraite, etc. Il coupe dans les services publics, dans les dotations, pendant qu'il arrose le patronat de 41 milliards avec le pacte de responsabilité.

Alors, prétendre que la « réduction des dépenses » serait, comme il est écrit dans le document, une « priorité absolue », c’est s’incliner devant la dictature de la finance.
Les difficultés financières de notre commune, comme toutes les autres, iront en s’aggravant si on ne met pas un coup d’arrêt à cette politique dangereuse et irresponsable dont le personnel et la population subissent déjà les conséquences. Je tiens à dénoncer la politique que l’on nous impose et qu’on veut nous faire endosser.

A l'heure où les progrès techniques et scientifiques sont extraordinaires, où l'on est capable de se poser jusque sur une comète, l'organisation capitaliste nous mène à la catastrophe, avec sa loi du profit maximum pour une infime minorité de possédants qui régentent la société en fonction de leurs seuls intérêts. 

Pour les empêcher de nuire plus longtemps,  il faudra un renouveau des luttes sociales et c'est mon souhait pour l'année qui vient". 


Lors de la présentation de la nouvelle métropole
Pourquoi j'ai voté contre l'organisation de la nouvelle communauté d'agglomération "Grenoble-Alpes-Métropole" :

"En septembre de l'an dernier, j'avais voté contre l'approbation des statuts de la nouvelle communauté d'agglomération.

Cette métropole a certes pour but affiché de mutualiser les moyens. Mais dans un contexte de diminution drastique des dotations aux collectivités territoriales, imposée par l’État qui entend faire payer à la population la crise financière et son propre endettement auprès des banques, ce regroupement aura surtout comme conséquence de restreindre encore les moyens et les services rendus à la population. Cette austérité, la Métropole va l’appliquer.

Je m'étais exprimé l'an dernier à propos de la compétence "développement économique" c'est-à-dire contre les subventions versées aux grosses entreprises avec l'argent public. Concernant "l'habitat", je reste persuadée qu'il faudrait un grand plan d'urgence géré directement par l'Etat pour résorber au plus vite le manque de logements, ce qui permettrait de créer des emplois sur la commune.

Dans les projets qu'on nous présente, aucune garantie n'est donnée aux personnels communaux qui vont cette année ou l'an prochain être transférés à la Métro. Or, leur inquiétude est grande : quelle garantie concernant les effectifs, l'organisation du travail (intervention sur toute l'agglo par exemple), le régime indemnitaire, les RTT, etc. ?


C'est pour ces raisons que je voterai contre les délibérations concernant l'organisation de la nouvelle Grenoble-Alpes-Métropole".


A propos du budget de l'eau, pourquoi j'ai voté contre la convention de délégation de service public à la Société Publique Locale (SPL) Sergadi

"La délégation de service public consiste à confier à une société la gestion d'un service public. Pour ma part, je pense que la gestion d'un bien aussi fondamental que l'eau devrait être assurée par un grand service public, à l'échelle du pays, directement géré par l'État et bon marché, sans passer par des sociétés, certes détenues par des actionnaires publics, mais de droit privé, comme c'est le cas de la SPL Sergadi.

Ces sociétés publiques locales, créées par une loi de 2010 votée par la gauche et la droite, avaient notamment comme objectif d'éviter l'emploi de fonctionnaires pour accomplir des missions de service public.

C’est pour exprimer mon refus de ce désengagement de l’État que je voterai contre cette délibération".

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