vendredi 18 septembre 2015

Migrants : l’Europe forteresse renforce ses barbelés

Dans Lutte Ouvrière N° 2459 du 18/09/2015

    Alors que des centaines de milliers de réfugiés fuient les guerres en Irak et en Syrie, l’Europe a décidé de fermer ses portes un instant entrouvertes. 

 
    L’Allemagne a rétabli le contrôle à ses frontières le 14 septembre. L’Autriche mobilise son armée pour renforcer sa police. La Hongrie a achevé un mur de barbelés à sa frontière avec la Serbie et parle désormais de le prolonger vers la Roumanie. Le gouvernement d’Orban met en application une législation d’exception, menaçant les migrants de trois ans de prison et autorisant la troupe à tirer sur eux.

     Et tandis que des foules de réfugiés se heurtent désormais aux barbelés et aux gardes armés, les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles pour "traiter la question des migrants". Après les discours lénifiants de ces dernières semaines sur les principes fondateurs de l’Europe, "terre d’accueil des persécutés", leurs débats ont plutôt ressemblé à ceux de maquignons.

    Au lieu de se mettre d’accord sur l’accueil de 120.000 migrants – seulement le tiers de ceux entrés en Europe depuis le début de l’année – ils ont uniquement réglé le sort de 40.000 d’entre eux.


    Les ministres de l’Intérieur se sont surtout entendus pour mettre en place une procédure accélérée pour expulser un maximum de migrants, pour faire le "tri" entre les "bons réfugiés" fuyant la guerre, à condition qu’ils ne soient pas trop nombreux et si possible ne restent pas trop longtemps, et les "mauvais migrants économiques", c’est-à-dire ceux qui fuient la misère et que nos dirigeants condamnent au dénuement aux portes de l’opulente Europe. Comme si ce continent, l’un des plus riches du monde, ne pouvait accueillir décemment quelques centaines de milliers de réfugiés.

    Pour tenter de les arrêter, les ministres ont décidé de parquer les réfugiés aux portes de l’Europe. Ils souhaitent mettre en place des camps de rétention baptisés "hotspots", dans lesquels chaque pays de l’Union viendrait puiser son « quota ».

    Enfin les dirigeants européens ont prévu de relancer ce qu’ils appellent pudiquement les "accords avec les pays d’origine et de transit". De tels accords avaient été passés avec les dictatures, comme celle de Kadhafi en Libye, qui en échange d’argent acceptaient de retenir dans des conditions sordides ou d’expulser violemment les migrants vers leurs pays d’origine.

    Les dirigeants de l’Union européenne montrent la réalité qui se cache de moins en moins derrière leurs discours humanitaires en matière d’immigration. Ils hérissent l’Europe de barbelés et sont responsables de la barbarie dans laquelles s’enfonce toute une partie de l’humanité, laissant les peuples à leur misère, broyés par les guerres qu’engendrent leur système et les dictatures qu’ils arment.

0 commentaires:

Publier un commentaire