mercredi 16 décembre 2015

"Je souhaite un renouveau des luttes sociales"


Voici mon intervention au conseil municipal du 14 décembre, lors du débat d'orientation budgétaire (c'est un débat sur les grandes lignes du prochain budget communal décrit dans un document que le maire a remis à chacun des conseillers municipaux) :

Pour cette année, l’OCDE vient donc de réviser à nouveau à la baisse ses prévisions de croissance de l’économie mondiale. Les statistiques du FMI et de la Banque mondiale vont dans le même sens. Les chiffres du commerce mondial sont les plus mauvais depuis 50 ans.
Mon intervention lors du conseil municipal


Et, sur le plan national, vous présentez, monsieur le maire, la politique économique du gouvernement qui consiste à faire des économies, comme une conséquence pleine de bon sens. Le gouvernement jouerait donc la prudence en attendant… "la vraie reprise pour 2017". Mme Soleil est de retour !

Mais en attendant cette prophétique reprise, le chômage est aujourd'hui massif.

Mais, surtout, ce que vous omettez de dire, et on peut penser que vous êtes là-dessus sur le même terrain que votre opposition de droite , c'est que depuis les débuts de la crise en 2008-2009, la croissance des profits des grandes entreprises et celle des dividendes des classes riches explosent. Sanofi : 6,8 milliards d’euros de bénéfices en 2014, Michelin : 6,2 milliards en 5 ans pour ne prendre que 2 exemples d'entreprises qui pendant le même temps licencient. Le groupe STMicroelectronics, lui, s'apprête à annoncer la suppression de près d'un millier d'emplois, essentiellement sur les sites de Grenoble et Crolles après avoir reçu ces dix dernières années, pour ces deux sites, de l'ordre du milliard d'euros de subventions de l'État et des collectivités territoriales.

Oui, c'est la crise. La crise du système capitaliste, un système économique et social que personne ne maitrise, où la loi du profit maximum est la seule loi qui vaille pour les décideurs.

Mais la crise, pour les riches actionnaires, cela signifie s'empiffrer encore plus. Alors que pour les classes populaires, elle a pour conséquence chômage, précarité, écrasement des salaires, montée de la pauvreté, fins de mois de plus en plus difficiles. Elle a aussi pour conséquence - à travers la mainmise de la finance sur les hôpitaux, sur la poste, les transports publics - des services publics qui se dégradent, la démolition de ce qui est utile à l’ensemble de la population. Eh oui, on ne peut pas, et donner plusieurs dizaines de milliards de cadeaux au grand patronat sous forme de CICE, de Pacte de responsabilité, dont tout le monde sait que cela n'a pas permis à la création d'emplois, et, en même temps, préserver le niveau de vie de la population laborieuse.

Autre conséquence de cette politique gouvernementale, qui ne se différentie en rien de celle des gouvernements de droite précédents, c'est l'incapacité des politiciens à préserver aussi les moyens financiers des municipalités.

Alors, l'impératif d'une "maîtrise absolue des dépenses", qui traque la moindre petite dépense, c'est non seulement forcément faire porter au niveau communal le poids des aides au grand patronat sur la population et le personnel communal, mais aussi s'incliner devant les financiers.

Les difficultés financières ne feront que s'aggraver de façon drastique, sauf en mettant un coup d’arrêt à cette politique que l’on nous impose et que je dénonce ici.

Je ne peux que répéter ce que je disais là l'an dernier : "l'organisation capitaliste nous mène à la catastrophe, avec sa loi du profit maximum pour une infime minorité de possédants qui régentent la société en fonction de leurs seuls intérêts. Pour les empêcher de nuire plus longtemps, il faudra un renouveau des luttes sociales et c'est mon souhait pour l'année qui vient".


Christine Tulipe conseillère municipale LO

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