jeudi 20 octobre 2016

Les primaires de la droite, à l’image de la campagne présidentielle

Sur le blog de Nathalie Arthaud

"J’ai regardé le premier débat de la primaire des candidats de droite diffusé jeudi soir. Je m’attendais à des propos antiouvriers et réactionnaires et nous avons été servis. 

En plus d’en finir avec la retraite à 62 ans et avec les 35 heures, il y a celui qui veut privatiser Pôle emploi, celui qui veut supprimer 500 000 fonctionnaires, celle qui veut retirer ce statut aux enseignants, celui qui veut baisser les indemnités chômage et ainsi de suite. Et on a bien sûr eu droit aux propos hargneux contre les syndicats avec une mention spéciale pour la CGT.
Tous ont rivalisé de bassesse envers le patronat, se concurrençant sur la somme de leurs cadeaux fiscaux ou d’allègement de cotisations sociales : 21 milliards pour l’un, 34 pour l’autre et même 40 milliards pour un autre… Qui dit mieux !

Et puis, ils se sont lâchés sur les propos anti-immigrés, usant jusqu’à la corde la démagogie sécuritaire et jouant à fond sur les angoisses que les attentats ont pu susciter dans la population. Cette coulée de boue rétrograde est avant tout de la démagogie. Que feront-ils vraiment s’ils sont élus ? Fondamentalement, comme tous les autres, comme ce qu'ils ont fait eux-mêmes quand ils étaient au pouvoir : ce que le grand patronat leur dictera ! Mais entre temps, leurs propos xénophobes auront légitimé les attitudes et les propos hostiles aux étrangers.

Cette primaire n’est au fond que le reflet de la campagne électorale dans son ensemble. Car si du FN au PS, ils cherchent tous à faire diversion avec leur démagogie anti-immigrée, ils se  préparent surtout à mener la lutte de classe du côté du patronat. 

Dans cette campagne, mes camarades et moi, nous n’aurons pas les moyens d’inverser le ton réactionnaire ambiant. Mais nous pourrons faire entendre une voix à part, celle des intérêts des exploités. Et tous ceux qui se retrouveront derrière ce drapeau pourront faire pareil autour d’eux. Ils montreront que dans l’ambiance générale infectée d’idéologie patronale et rétrograde, il y a des travailleurs conscients qui ne se laissent pas tromper et qui se préparent à se battre quel que soit celui qui sera élu en 2017. Il faut être fier d’être de ceux-là et il faut le montrer".
Nathalie Arthaud

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