lundi 10 décembre 2018

Débat d'orientation budgétaire : "Les salaires les pensions et les allocations doivent être massivement augmentéset indexés sur les prix"

Le conseil municipal du 10 décembre a débuté par le 'débat d'orientation budgétaire' pour l'année 2019. Je suis intervenue pour réagir à certains aspects de ce texte présenté par la majorité municipale :

"Vous évoquez à propos de la conjoncture économique internationale un "ralentissement attendu en 2019". En réalité, c’est une véritable récession qui est annoncée, y compris par les économistes patentés.


Bien des travailleurs, des chômeurs, des retraités, des artisans et des petits commerçants l’ont déjà compris et le vivent, y compris autour de cette table : la catastrophe n’est plus devant nous, on y est.


La baisse du niveau de vie est en effet générale, car tout augmente, sauf les salaires, les allocations ou les pensions. C’est cela, et la colère légitime que cela entraîne, qui donne tout son souffle au mouvement actuel des gilets jaunes.


La raison fondamentale de l’aggravation de nos vies quotidiennes est l’offensive menée depuis plusieurs années par les capitalistes pour faire payer leur crise à la population laborieuse : des milliers de milliards ont été puisés dans les fonds publics pour renflouer les banques et la finance. Il s’agit d’en faire supporter le coût aux petites gens.


Et quand vous nous expliquez que "300 000 offres d’emplois sont non pourvues faute de formation aux bons profils", vous reprenez la pseudo-justification du ministre Castaner à la fameuse phrase de Macron qui pérorait "je traverse la rue et je vous trouve un emploi".
Quant aux taux de CDI qui serait en forte hausse, je ne sais pas où vous avez trouvez cela mais les habitants de la commune qui cherchent désespérément un CDI seraient contents de le savoir !


Vous nous dites "les entreprises continuent d’investir" en oubliant de préciser que c’est à un niveau extrêmement bas, car elles placent pour l’essentiel leurs profits dans la spéculation, et qu’elles "font des efforts de productivité".


Mais ces efforts, ce sont les travailleurs qui les font, ouvriers, employés, ingénieurs, techniciens, personnel d’entretien, pas les actionnaires ni les possesseurs de capitaux par l’augmentation des cadences, l’aggravation de la précarité et du fait que les salaires ne suivent pas le coût de la vie (...).


Sur le plan local, le budget 2019 ne diffère guère de celui présenté l’an passé, car les variations sont faibles. Mais les effets de la politique menée par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, et l’actuel, "en même temps" de droite et de gauche sont notables.
(...)

Car, oui, les communes aussi, paient le prix fort des attaques menées par les financiers et leurs serviteurs politiques et en particulier celles où les petits salaires et les petites retraites sont nombreuses. Voir d’ailleurs la fronde d’un certain nombre de maires.

Les employés municipaux en subissent aussi les conséquences, car s’il y a bien « une croissance automatique » de leurs salaires comme vous l’écrivez, il ne s’agit que de l’effet automatique, mais très, très modeste, des mécanismes liés aux avancements d’échelon ou de grade.


Je défends moi l’idée que ces salaires, comme ceux du privé, devraient être massivement augmentés, ainsi que les pensions et les allocations et indexés sur les prix (...)
 

J’espère que les travailleurs, fort de leur nombre et de leur place dans l’économie, profitant de la brèche ouverte par la mobilisation des gilets jaunes, se mobiliseront pour une lutte générale afin d’imposer ces revendications et, au-delà, contester la direction de la société à cette bourgeoisie qui nous a conduit à cette catastrophe économique et sociale. "

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Sur le clocher de l'église :

Photo Patafisik
"J'apprends que dans le budget d'investissement, des travaux sont à prévoir concernant le clocher de l'église du Village.

On se souvient que la municipalité a déjà déboursé 3 710 € pour ce même clocher en 2014.

Je suis favorable à l’entretien de monuments et de bâtiments anciens. Mais dans le cas des églises, il serait normal que les autorités ecclésiastiques financent ces travaux de restauration sur leurs propres fonds, car ce n’est pas à l’argent public, c’est-à-dire à celui des contribuables, d’entretenir les lieux de culte, et ce quel que soit le culte. Et si le denier du culte ne suffit pas, il y a toujours la banque du Vatican, dont les fonds propres se sont élevés à 5,3 milliards d’euros en 2017.
"