lundi 7 janvier 2019

Jaune, rouge ou noire, la colère est toujours là !

Editorial de Lutte Ouvrière (extraits)
 
Le gouvernement espérait tourner la page des gilets jaunes. (…) 50 000 gilets jaunes ont encore manifesté leur colère samedi dernier. Dimanche, quelques centaines de femmes gilets jaunes ont pris le relais dans une ambiance festive. Même affaibli, le mouvement multiplie les initiatives, et c’est tant mieux parce que cette contestation est légitime et salutaire.

Après avoir utilisé la carotte (…) le gouvernement a opté pour le bâton. Depuis une semaine, il multiplie les provocations et fait monter la tension. Il a systématiquement utilisé la force pour faire évacuer les ronds-points. Il a redoublé d’invectives vis-à-vis des gilets jaunes. Aujourd'hui, il instrumentalise les affrontements qui ont émaillé les manifestations (…), pour caricaturer un mouvement qui exprime surtout un mécontentement profond.

Quel que soit le devenir du mouvement des gilets jaunes, le mécontentement ne peut que grandir. Parce qu’on est en crise, parce qu’il y a plus de six millions de chômeurs, parce que le grand capital est de plus en plus rapace et les inégalités et les injustices de plus en plus révoltantes…

Le mouvement des gilets jaunes a exprimé la volonté de mieux contrôler ce que font l’État et les élus de l’argent de nos impôts. C’est légitime. Mais contrôler ce que fait la classe capitaliste des richesses créées par l’ensemble du monde du travail l’est tout autant.

C’est dans les mains de cette minorité capitaliste que réside le véritable pouvoir. (…)

Une infime minorité décide seule de choix engageant toute la société. La véritable démocratie et le « pouvoir du peuple » n’auront de sens qu’une fois cette minorité détrônée, quand toute la population pourra donner son avis et surtout participer aux décisions sur la façon de gérer collectivement les grandes entreprises qui dominent l’économie.

C’est une nécessité non seulement pour les travailleurs mais pour toute la population, car on le voit, la loi du profit et de la concurrence écrase non seulement les ouvriers et employés, mais aussi nombre de petits patrons, commerçants et artisans qui, tout en travaillant d’arrache-pied, ne vivent pas mieux que la moyenne des salariés.

Il s’agit même du sort et de l’avenir de la société. (…)

Il ne suffit pas d’en appeler à une meilleure répartition des richesses. (…) Exproprier le grand capital, collectiviser les moyens de production, est le seul moyen pour réorganiser de fond en comble la production et faire en sorte qu’elle ne réponde pas à la demande de profits d’une minorité, mais aux besoins réels de toute la population.