dimanche 1 mars 2020

Déclaration sur les jardins de la Buisserate

Dimanche 1er mars, l'association "Avenir des terres 38" avait convié les trois têtes de listes aux élections municipales à venir s'exprimer sur l'avenir des jardins de la Buisserate, dans le cadre de la mobilisation contre leur disparition prévue et la construction d'immeubles sur la parcelle.

Sylvain Laval n'est pas venu. Christian Gros a déclaré qu'il soutient la mobilisation et qu'il négociera avec la Cogedim pour leur faire modifier leur projet.

Pour ma part, voici, en substance, ce que j'ai expliqué :

... Certains me connaissent ici, j'apporte tout mon soutien aux habitants qui souhaitent voir ce bel espace vert perdurer et même se transformer en projet réalisé par les habitants eux-mêmes.
Le projet immobilier sur ce terrain est très révélateur de comment fonctionne cette société basée sur le pouvoir de l'argent, sur les réseaux tissés par les financiers, banquiers, investisseurs, actionnaires, avec la complicité des hommes politiques. Même à un petit niveau comme dans notre commune. Tout ce milieu des affaires qui font leurs profits, prennent des décisions dans le secret des cabinets, y compris des collectivités territoriales, se gardant bien d'avertir de leurs décisions les populations concernées. C'est pour cela que tout est opaque.

Ce terrain a été acheté par l’EPFL (Établissement public foncier local du Dauphiné) pour le compte de la commune au prix de 1.598.515 euros pour y construire 4 immeubles (90 logements prévus), projet qui sera réalisé par la COGEDIM pour son propre compte et pour le compte de Alpes Isère Habitat (ex OPAC).
D’ailleurs, on ne sait pas trop où en est le projet. Combien de logements ont déjà été vendus ? On ne sait pas.

En ce qui concerne ces décisions, je voudrais aussi parler de l'immeuble Le Buisserate et la façon scandaleuse avec laquelle les pouvoirs publics et les bailleurs l'ont en partie vidé de ses locataires et propriétaires.
Nous, population des quartiers populaires, non seulement nous ne sommes en rien informés, mais en plus, nous sommes menées en bateau : En tant que conseillère municipale, j’ai maintes fois entendu parler en conseil municipal de la réhabilitation de cet immeuble. Le maire nous avait expliqué que les constructions sur ce terrain serviraient à reloger les habitants du Buisserate. Maintenant il nous explique qu'il n'en a jamais été question.

Et voyez, c’est grâce à l’action de militants associatifs que toute l'affaire se dévoile, et qu'une mobilisation s'est mis en place grâce à eux.
Oui, cela montre comment seule une mobilisation est susceptible de pouvoir changer les décisions venues d'en haut. Même si pour ce faire, il faudrait un rapport de force que nous n'avons pas encore.


Comme je le disais au début, c'est toute cette société capitaliste qui fonctionne ainsi. Habitants des quartiers populaires, salariés dans les entreprises, il nous faut nous organiser collectivement pour ne pas subir passivement. Y compris pour bénéficier de véritables espaces verts comme celui-ci avec une terre de qualité, parce que jardinée depuis longtemps.

Alors oui, il faut des constructions pour loger tous ceux qui n'en ont pas ou qui habitent dans des logements vétustes, mais Saint-Martin-le-Vinoux est déjà beaucoup construit et à l’échelle de l’agglomération bien des communes refusent de construire, même pour respecter la loi du % de logements sociaux et préfèrent payer une amende ! Tout cela se discute et se décide au niveau de Grenoble-Alpes-Métropole, dont Yannik Ollivier est l’un des vice-présidents.


A la question posée par les militants associatifs sur quoi je m’engageai si j'étais élue, j’ai répondu que je mettrai les moyens de la mairie pour soutenir la mobilisation, afin que ce terrain reste un espace vert.

On nous dit que les jeux sont faits, que la municipalité est tenue par ses engagements, que cela lui coûterait cher si elle revenait dessus. Mais la municipalité pourra changer d’avis, et il sera hors de question de faire payer les pénalités par la population ; la Cogedim est une entreprise qui a fait 2,4 Milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2018. Alors bien sûr, le préfet me destituerait peut-être parce que je n’honore pas les engagements, parce que je dépasse le cadre de la légalité. Mais je ne fais pas de la politique pour respecter leurs institutions. Ces institutions ne peuvent d’ailleurs pas servir les intérêts de la population laborieuse, elles sont faites pour défendre le pouvoir des riches et des actionnaires.

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