lundi 9 mars 2020

Le Dauphiné : Christine Tulipe veut défendre les travailleurs d’ici… et d’ailleurs

Le Dauphiné libéré - lundi 9 mars 2020

« Les problèmes des gens sont liés à l’organisation de la société. Planter 3 arbres ou végétaliser une toiture n’y changeront pas grand-chose », assure Christine Tulipe, ici devant les commerces de Bellecroix ou, régulièrement, elle rencontre les habitants.  Photo Le DL /V.P.

Le nom de sa liste résume son programme électoral : “Lutte ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs”

Évoquer son programme électoral avec Christine Tulipe, c’est aller au-delà de sa rue, franchir les limites de son quartier, de sa commune pour se projeter bien plus loin, en France et surtout dans le monde. « Il est impossible de changer les choses petit bout par petit bout à l’échelle d’une municipalité. Il s’agit d’un combat général qui oppose le camp des travailleurs à une poignée de multimillionnaires », résume la tête de la liste “Lutte ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs”.

En guise de programme, quelques tracts communs à tous les candidats des quelque 240 communes de l’Hexagone où LO présente une liste. Il y est, sans surprise, question de “lutte des classes au sein des entreprises entre le grand patronat et les travailleurs, entre propriétaires et locataires, entre banquiers et clients, entre multinationales de l’eau, du gaz, de l’électricité et usagers”. 

« Contrairement aux autres candidats, je ne fais pas de promesses électoralistes »

De ce fait, sourit Christine Tulipe, « contrairement aux autres candidats, je ne fais pas de promesses électoralistes ». En effet, sur ses tracts dont certains sont “localisés” seulement avec sa photo, celle du second de sa liste, Bernard Montier, et l’annonce de ses réunions publiques (la prochaine, c’est le 11 mars à 18 h 30 à la salle Hubert-Dubedout), pas une ligne sur un quelconque projet local, sur ce qu’il faut améliorer ou changer à Saint-Martin-le-Vinoux.

Pourtant, depuis 2008 où elle a été élue conseillère municipale (d’abord dans la majorité de Yannik Ollivier puis, depuis 2014, dans l’opposition), Christine Tulipe a régulièrement abordé, en conseil municipal, les problématiques locales, comme les jardins de la Buisserate ou La Poste (lire par ailleurs), même si, souligne-t-elle, « même avec la meilleure volonté du monde, aucun maire ne peut, à lui seul, compenser les dégâts engendrés par la société capitaliste. Une municipalité ne peut être l’instrument de la transformation sociale. D’ailleurs, les trois quarts du budget de la commune ne servent qu’aux affaires courantes. Les problèmes des gens sont liés à l’organisation de la société. Planter ici 3 arbres ou végétaliser là une toiture n’y changeront pas grand-chose. Alors, localement, s’il y a beaucoup à faire, c’est en faveur des jeunes, des personnes âgées, des personnes handicapées, des plus fragiles et des plus précaires. »

Adhérente à Lutte ouvrière depuis plus de 30 ans, Christine Tulipe a au moins le mérite de la constance et de la fidélité à ses convictions. Cela ne suffira vraisemblablement pas à faire d’elle la maire de Saint-Martin-le-Vinoux, mais ces élections pourraient peut-être lui permettre de se rapprocher un peu plus de ses idéaux. La liste LO avait obtenu 7,55 % des voix en 2014 et une élue, Mme Tulipe. « Par rapport à ça, on espère faire le plus possible, conclut-elle. Et peut-être mieux. »
Vincent Paulus 




« Je serais une maire de combat »

« Je ne refuserais pas d’être maire de Saint-Martin-le-Vinoux mais ça semble peu probable dans le contexte actuel, convient Christine Tulipe. Mais je serais alors une maire de combat, avec des services municipaux de combat, au service de locataires, des usagers. On aurait des élus qui seraient les yeux et les oreilles des travailleurs pour porter leurs revendications. » Et la candidate de prendre quelques exemples de ses propres combats locaux. « Je suis intervenue dès 2012 en conseil municipal pour défendre les jardins de la Buisserate, au moment où on a parlé de la vente du terrain David. J’ai demandé qu’on réfléchisse à la préservation de ces jardins pour le bien-être de tous. Au fil des années, la municipalité a répondu qu’il était impossible de mettre autre chose que des logements, et le conseil municipal a validé tout ça. Or, avec ce qui s’y passe depuis quelques mois, on voit qu’une mobilisation des gens peut changer la donne. Alors, si j’étais maire, je mettrais un terme au ronron du conseil municipal, qui n’est qu’une chambre d’enregistrement. Je serais au service du monde du travail et écrirais les délibérations de manière à ce que tout le monde puisse les comprendre. Je mettrais un terme au pouvoir des réseaux qui, en lien avec les promoteurs immobiliers, la Métro et la mairie, permet d’accaparer les bons terrains. » 

« On n'est pas résignés mais révoltés »

Christine Tulipe rappelle aussi son engagement passé « pour défendre les Roms » quand ils étaient campés sur le terrain près de la Casamaures, ou encore son combat permanent, passé, présent et à venir, « pour défendre le service public de La Poste, dont le bureau saint-martinier n’est ouvert que l’après-midi en semaine, et le samedi matin, avec des horaires qui changent souvent, et des usagers qui trouvent régulièrement porte close quand un employé est malade et qu’il n’a pas été remplacé ».

« On n’est pas résignés mais révoltés, assure la candidate. Le monde du travail a une force extraordinaire mais il faut s’organiser. »