samedi 25 juillet 2020

A Marseille comme à Saint-Martin-le-Vinoux, se mobiliser pour se faire respecter


Dans les quartiers ouvriers, cela ne pose aucun problème aux promoteurs immobiliers comme aux décideurs politiques, de supprimer des espaces verts, couper des arbres, bétonner.

L'article qui suit, tiré du journal Lutte Ouvrière du  15 juillet, relate ce qui se passe à Marseille.  On y trouve les mêmes acteurs, ou à peu près : Le promoteur Cogedim, les établissements fonciers (EPFL pour St M. le Vinoux), les décideurs politiques, y compris Verts. 

Et le même mépris de ces gens-là pour la population des quartiers populaires !

La différence ? A St M. le Vinoux, l'abattage n'est pas encore commencé à ce jour. Dans les deux cas, seule la mobilisation de la population peut empêcher la destruction de ces espaces.

à St Martin le Vinoux

Marseille : des habitants contre le bétonnage

Depuis le 30 juin, des habitants de la cité qui surplombe la porte d’Aix, à Marseille, se mobilisent contre l’abattage de pins et de tilleuls cinquantenaires. Cet espace vert a été vendu au promoteur Cogedim pour y construire un immeuble de six étages.


C’était le seul parc public de ce quartier populaire du centre-ville. Lorsqu’il était entretenu, avec des fontaines et de la pelouse, les enfants pouvaient s’échapper quelques heures de leurs appartements vétustes pour y jouer, les chibanis du quartier venaient y prendre l’air. Mais depuis des années il était géré par Euroméditerranée, l’établissement public d’aménagement financé par les collectivités locales, dont la mairie de Marseille, dans le but d’attirer les investisseurs privés. Laissé à l’abandon, il était partiellement en friche. Récemment, il était devenu un lieu de refuge pour les migrants, qui s’y retrouvaient à l’ombre des arbres et autour d’un des rares points d’eau.

Une fois cet espace vendu par Euroméditerranée au promoteur immobilier Cogedim, celui-ci s’est empressé de faire intervenir la police dès la fin du confinement, pour en chasser les migrants. Et le 30 juin, à peine le second tour des municipales terminé, les habitants de la cité voisine, stupéfaits, ont vu les tronçonneuses découper les premiers arbres.

Se relayant depuis pour empêcher l’abattage de dizaines d’autres arbres, ils ont ralenti le travail des bûcherons par leur seule présence, la police ne pouvant que constater l’occupation du chantier. Pour se débarrasser de ces récalcitrants, le promoteur a dû faire abattre des arbres à 3 h 30 du matin !

Regroupés dans un collectif, des habitants se relaient chaque matin pour gêner le chantier, expliquer leur action et accueillir la presse locale, qui a fait de nombreux articles. Vendredi 10 juillet, ils ont organisé le ramassage des détritus, associant tous ceux du quartier qui voulaient y participer, et ils ont distribué des tracts aux nombreux passants de ce quartier fréquenté. Le succès de cette journée a montré l’attachement de la population à cet espace.

Ils ont aussi envoyé une lettre ouverte à Michèle Rubirola, la nouvelle maire écologiste de Marseille, qui s’était engagée pendant sa campagne à sanctuariser les espaces verts. Bien qu’elle ait déjà pris position contre la construction du futur boulevard urbain dans les quartiers Sud de Marseille, qui y détruirait des pinèdes, elle ne s’est pas manifestée sur l’abattage actuel des arbres dans le centre-ville pauvre, où bien peu d’habitants votent.

Les habitants mobilisés ne se font pas d’illusions et ils comptent poursuivre leurs actions. Et, depuis deux semaines, ils ont tissé entre eux des liens qui changent l’ambiance de leur cité.